La grande braderie Renault

Publié le 24 juin 2020 par sud tcr

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Lors du CCSE du 16 juin, la direction centrale de Renault a commencé à préciser son plan d’économie de 2,15 milliards d’euros d’ici 2022 : 800 millions d’euros serait à trouver dans l’Ingénierie, 650 millions en Production et 700 dans les frais de structure et les fonctions supports.


Suppressions d’emplois, fermetures de sites…

La grande braderie Renault

Lors du CCSE du 16 juin, la direction centrale de Renault a commencé à préciser son plan d’économie de 2,15 milliards d’euros d’ici 2022 : 800 millions d’euros serait à trouver dans l’Ingénierie, 650 millions en Production et 700 dans les frais de structure et les fonctions supports.

Après la folie des grandeurs de l’ère Carlos Ghosn, le groupe Renault serait surdimensionné. La direction fait marche arrière et lance une série de restructurations :

  • Réduction de la gamme et de la diversité
  • Réduction des capacités industrielles mondiales de 6 à 4,9 millions de véhicules/an, avec comme principaux pays touchés : France, Roumanie, Turquie, Russie, Corée, Maroc.
  • Réduction du réseau commercial : vente de 11 établissements Renault Retail Group (RRG) comptant 1600 salariés (non compris dans les 15000 suppressions d’emplois monde).

En France, 4600 emplois Renault seraient supprimés et 3000 parmi les prestataires (sans compter les intérimaires). Les départs naturels n’y suffiront pas. La direction souhaite un nouveau plan de départs dits « volontaires » d’au moins 1150 salariés. Ce qui signifie, en parallèle, un blocage des embauches.

Dans le reste du monde, Renault supprimerait plus de 10 000 emplois. Une vraie saignée censée guérir le malade, mais qui risque de l’affaiblir davantage. Une fuite en avant basée sur la réduction des coûts.

L’Ingénierie et le Tertiaire au régime sec

  • Ingénierie produit : 1200 emplois supprimés, baisse d’activité due au passage en Leader/Follower, transfert d’activités dans les RTx, externalisation d’une autre partie de l’activité chez des sous-traitants en France (où 80 % de la prestation sera réalisée par 4 sociétés) et dans des pays à bas coûts.
  • Ingénierie de production : 300 emplois supprimés, délocalisations d’activités Renault dans les RTx et prestations réalisées dans les pays à bas coûts, sous-traitance divisée par 3 dans le monde.
  • Fonctions supports (Achats, Informatique, Services Généraux, Logistique…) : 1000 emplois supprimés
  • Frais généraux et dépenses administratives : Réduction de la surface utilisée par l’ingénierie, baisse du nombre de fournisseurs de services d’entretien, voyages limités aux projets vitaux, zéro budget pour les frais divers, optimisation des licences et des projets informatiques…
Fonctions Effectif déc. 2019 Effectif fin 2022 Emplois supprimés DA 2020 + départs naturels 2020-2022 Manque
Ingénierie Produit 6 450 5 250 1 200
Ingénierie de Production 2 408 2 108 300
Fonctions Support 6 582 5 582 1 000
Total 15 440 12 940 2 500 1 750 750

Jeu de chaises musicales en Fabrication

  • Flins : fin de l’assemblage final de véhicule d’ici 2024 et menace de fermeture du site. La direction y maintiendrait certaines activités (pièces et accessoires…) et en ferait venir d’autres (remise en état de véhicules d’occasion…), mais sans donner le nombre d’emplois correspondant (probablement très faible).
  • Fonderie de Bretagne : baisse des commandes fonte, menace de cession du site.
  • Dieppe : transfert de l’Alpine à Douai sur plate-forme EV, « ouverture d’une réflexion sur l’avenir du site » et menace de fermeture du site.
  • Choisy-le-Roi : transfert de l’échange standard mécanique à Flins et fermeture d’ici 2021-2022. La direction promet des reclassements mais où, vu que Renault supprime partout des emplois ?!
  • Douai, Maubeuge : mise en concurrence pour la fabrication de la nouvelle Kangoo.
  • Cléon, STA : basculement de la production de moteurs thermiques vers des moteurs électriques/hybrides qui demandent moins de main d’œuvre.
  • Technocentre : transfert à Flins de la documentation technique prototype, de la gestion de l’approvisionnement des pièces prototype, de la production de caisses prototypes VU et des pièces prototype (impression 3D…) faites au CRP.
Etablissements Fabrication Effectif déc. 2019 Effectif fin 2022 Emplois supprimés DA 2020 + départs naturels 2020-2022 Manque
Renault sas 12 526 11 156 - 1 370 1 200 170
Filiales 4 777 4 047 - 730 500 230
Total usines 17 303 15 203 - 2 100 1 700 400

L’heure est à la mobilisation

Les deux derniers accords de compétitivité devaient garantir « une nouvelle dynamique de croissance et de développement social » (accord 2013) et une « performance durable de Renault en France » (accord 2017). En fait, ils ont permis à Renault de supprimer 12% des effectifs (sans pérenniser les emplois restants) et de faire 25 milliards d’euros de bénéfices ces dix dernières années.

En avril, la direction pondait un nouvel « accord de solidarité et d’avenir » signé encore par la CFE-CGC, FO et la CFDT. En guise d’avenir, ce sont 4600 suppressions d’emplois en France et des fermetures de sites !

Une fois son objectif fixé, la direction centrale fait appel au « dialogue social ». Un dialogue à sens unique dans lequel s’inscrivent déjà certains syndicats comme la CFDT de Guyancourt pour qui « il va falloir piloter cette décroissance des effectifs au regard de l’activité [et] cette décroissance d’activité de façon intelligente » ! (Interview du secrétaire adjoint de la CFDT Renault Guyancourt sur tv78 le 11 juin 2020).

Pour SUD, l’heure est au refus de cette spirale infernale et au pilotage des mobilisations :

  • Ce ne sont pas aux salariés de payer les erreurs de la direction exécutive et du conseil d’administration de Renault, focalisés sur la marge opérationnelle et la hausse des dividendes.
  • Ce ne sont pas aux salariés de payer la course à la productivité, le greenwashing et les crises cycliques du marché automobile.
  • Ce ne sont pas aux salariés de payer pour sauver la mise aux actionnaires.

D’autres solutions existent pour préserver emplois et salaires : plafonnement des rémunérations des dirigeants, sortie de la Bourse pour ne plus être sous pression des marchés financiers, diversification des activités pour répondre aux besoins vitaux et à l’urgence climatique, baisse du temps de travail

Nous appelons les salariés à se mobiliser pour refuser toute fermeture ou cession de site, toute baisse des effectifs, tout départ contraint, toute externalisation ou délocalisation des activités et des emplois Renault et prestataires.

Des mouvements de grève ont déjà eu lieu sur plusieurs sites (Fonderie de Bretagne, Choisy-le-Roi, Flins, MCA…) avec des manifestations à Maubeuge, Choisy et un rassemblement à Flins mercredi dernier.

C’est désormais une action coordonnée et une manifestation nationale de l’ensemble des salariés de la filière automobile (comme les hospitaliers le 16 juin) qui doit être mise à l’ordre du jour.

Mobilisons-nous et unissons-nous pour défendre nos emplois et reconstruire un autre monde !

Télécharger le tract SUD du 24 juin 2020





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